Il faut se dire qu'il n'y a rien à dire. Rien de plus. Rien d'autre qu'une envie de célébrer un monde en mouvement.
J'ai peur de m'entendre écrire. Les mots, témoins d'une parole intérieure, iront échouer un peu plus loin, ailleurs, face à l'inconnu ; des regards inconnus. D'une tendresse variable. D'un accueil plus ou moins chaleureux. C'est le jeu. C'est mon je (et celui de quiconque d'autre – personne d'autre).
Il se donne un conciliabule de caresses discrètes, là, juste là, contre mon épiderme frissonnant. Tu le sais, j'ai le pouvoir des mots, de faire transpirer les lettres pour leur faire dire des désidérata insensés. Impensables.
Je souffle. Impétueux agacement. Saturation.
La musique n'était pas bonne. Jamais. L'affaire d'un mode aléatoire dans un monde parfois trop prévisible. Étriquant et étriqué.
Bientôt, j'irai réveiller le simulacre de braise qui agite la mèche.
S'il n'y a pas de vouloir dire, que dire ? comment le dire ? sinon empêtrée dans un hasard maladif.
J'ai pensé à me faire oublier.
J'ai aussi le souvenir de cette fabuleuse phrase :
Jamais encore je n'ai vu Rome. Pas ailleurs que dans des images. C'est Giacinto Scelsi qui dit cela. Pas moi. Je voudrais éprouver de plus près sa confession. Parmi des vapeurs inespérées, à la nuit venue, comme une aigreur de la ville – son aura, son essence. Son superbe, comme un trop-plein. La re-fabrication sous mon regard attentif des légendes les plus communément racontées. Et qui, encore aujourd'hui, parsèment nos imaginaires, si bien qu'on les a oubliées. Fatras d'une humeur habituelle. Se souvenir sans diminuer, sans décrier l'expérience entreposée dans la mémoire. Parfois, l'image en tête est plus grandiose que son déroulé.
Et qu'est-ce que cela peut bien faire ?
Effort, qu'en est-il ? Persévérance dans la formulation, dans le verbe. Élaguer. Censurer ? Se refréner. Ne pas oser rater. Se présenter bras croisés. En attente d'une éclosion. En face, puis en soi.
C'est rare comme tout cela est trop long. Probablement soporifique, à bien des égards. Hagard. L'esprit en effusion, pour un visage inexpressif. Peut-être que ceci ne finira jamais ? Cet élan dans le prochain mot.
Cet instant n'a de sens que dans l'entrebâillement du précédent.
Oui oui oui, il se pourrait que j'aie la facilité de continuer jusqu'à jamais. Le sommeil en sursis. Les engagements incommodes, non tenus. De moi à moi, c'est comme si rien ne comptait. Puisque tout semble trop compter.
Mon exigence d'exactitude voudrait tout de même préciser que la photographie argentique date du Printemps dernier. Les dessins, du mois de septembre. Et décembre ouvre déjà ses bras chétifs de ne plus avoir de quoi se couvrir.
Il y a cette idée solide que mes créations émergent comme des coups de chance. Là, typiquement, j'ai foiré une bonne partie d'une pellicule noir et blanc de très basse sensibilité. C'était une première, et bien sûr : on apprend de ses erreurs. En somme, cela éclaire, nourrit mon idée quelque peu butée, lorsque je déclare que la photographie est un cadrage, selon ma seule approche. Évidemment, tu as beau avoir le cadrage, un sujet ; si la lumière manque, on n'y voit rien. Point.
Pour autant, rien de bien grave à déplorer. Une leçon d'humilité, un appel à plus d'efforts et de persévérance, probablement. Et surtout, la joie de pouvoir explorer, encore et toujours, de manière indéfinie, riche, spontanée. Chercher ces “coups de chance”, avec une meilleure assiduité, un paramétrage plus appliqué, soigné, précis. Qu'il s'agisse de technique, et même, d'un contexte qui sache se montrer clément, propice, agréable. Une atmosphère organisée de telle sorte à permettre, avec une aisance relative, de laisser naître quelques créations satisfaisantes.
Ah ! la satisfaction personnelle, quel rude sujet. D'où cette hasardeuse idée de coup de chance. Longtemps j'ai aimé l'idée de composer avec la technique, avec la matière… dans ce constat de collaborer, comme si le travail s'érigeait à quatre mains, des miennes, en rencontre avec le matériau (la céramique, particulièrement), et donc l'argile. Et puis avec la chaleur du four. Tous ces paramètres plus ou moins ajustables, variablement maîtrisables, laissent souvent des surprises. Tout spécifiquement pour le sujet de l'émail, d'une imprévisibilité poignante, virant parfois à la grosse déception.
Alors souvent, je repense à cette idée martelée par un ami : “la céramique, c'est l'art de l'humilité”.
Ne pas se lasser, pas même dans la déception, ni la médiocrité : passages obligés de l'expérimentation, vers quelques effusions heureuses. Quelques petites chances, comme ça ? Est-ce que se satisfaire de tout ce que l'on fait endort dans une vague stagnation ?
Le chemin est long, et ainsi se rend-il nécessairement passionnant.
Ce jour-là, il y avait une lumière outrageuse, une chaleur enveloppante. Au bord d'un lac. Il n'a suffi que d'une petite pression sur le déclencheur, pour capturer l'opalescence lumineuse qui chatouillait le feuillage de l'arbre. Fastoche ?
Et puis, j'ai aimé ici comme la lumière bavait, à travers le vitrail supérieur. Pour le reste, mon œil a vu, a cru, mais la pellicule a boudé mon optimisme.
L'obscurité des images remplies de poussières, comme autant de constellations.
En attendant, le froid est fracassant, ces derniers jours. Je n'y glisse pas avec autant d'aisance qu'espéré. Mais ainsi soit-il.
L'esprit pêle-mêle, décrivant un fouillis qui ne laisse aucune prise, de pénibles élans. Dans une quiétude, un détachement rares.
Pour la suite, le silence s'érige en maître.
L'autre jour, chez mes parents, alors nichée dans la chambre adolescente, une passagère amnésie m'a saisie. Tirée de mon assoupissement, mes yeux se sont rouverts, devinant la lumière timide que je n'avais pas pu éteindre… En guise de soudaine apparition m'incombaient les objets alentours, mais comme dépourvus d'histoire. Amputés de mes souvenirs vis-à-vis d'eux. L'espace d'un instant, ma vision se dérobait à moi, incapable de savoir où je me trouvais. Comme étrangère à ce lieu si familier. J'avais oublié, malgré les efforts pour devancer la confusion qui me couvrait.
La chose n'a pas duré plus de cinq secondes. Mais, face à l'intensité de mon impossibilité, la réalité m'a comme heurtée. En pleine possession de ma vue, sans être capable de tisser de lien avec l'existant : comme si je rencontrais cet espace pour la première fois. Comme si la vie pénétrait ma rétine, pour la première fois.
C'est un même bouquet qui s'est offert à ma vue, en cette fin d'été 2025 (mais ici, on aime l'idée de partager avec latence, question d'affinage, si l'on feint s'en targuer – on aimera moins dire que l'élan manque parfois, manière déguisée d'éviter de rater… à trop attendre, je finis parfois par me dégonfler, lassée).
La séance est à rôder dans les dossiers les plus reculés du disque rude. Si bien qu'il m'est arrivé de trébucher, retrouvant ce genre de peinture de plus de dix ans d'âge. Janvier 2015, semble narrer la légende du fichier. À me demander si je suis encore en possession des originaux de ces travaux…
La musique qui m'accompagne dans cette errance numérique n'est autre que celle d'Archive ; un de leurs premiers albums : Take my Head, de 1999. Avec bon goût, celui des mots tant attendus, je dirais que cela ne nous rajeunit pas.
L'année 2014-2015, aussi mitigée a-t-elle été, pour son quotidien et les souvenirs qu'il en reste, décrivait ma première année aux Arts Décoratifs de Paris. Les cours de peinture, menés avec brio par ce cher Luc Gauthier, m'ont cependant laissé une forte et intarissable impression. Parmi les meilleurs moments de cette période étudiante. Il y a une certaine joie, finalement, qui émane de ces (re)trouvailles. Si bien que le morceau s'achève sur des applaudissements.
Me faufiler dans ces dossiers, ces doublons intempestifs et absurdes au passage, tant ils décrivent combien je peux manquer de bon sens… provoque en moi une satisfaction ambivalente. Comme un effroi. De tout ce temps compacté dans un petit boîtier enveloppé d'une carcasse de plastique. Capable de faire surgir les couches de mémoire les plus infimes, avouant du même coup une présence fantomatique. Presque fragile. Du matériel immatériel. Prêt à disparaître – à commencer par un regard qui ne s'y pose plus jamais, sur cette myriade de documents, de dossiers, images, et fichiers mélodiques… Et sans doute cela en fait-il un lieu de sauvegarde encore plus précieux ; particulièrement s'il n'existe aucune copie, aucune trace par ailleurs… Radieuse considération pour ces agencements de pixels probablement uniques. Prêts à être portés disparus…
Peintures à l'huile sur papier Canson et papier Kraft ;
Année 2014-2015.
@pagan-stitches tagged me to share 6 pictures from my phone! I THINK these are ones I haven’t already put here…
- Amethyst beans!
- First aerial leaf on my lotus, pre-raccoon bullshit.
- Sneeze weeds in the dark.
- Made so much Regularnatural.
- Painting from the bar where @alexwrekk and I sometimes do coaster cartomancy.
- Tunnel beast.
Tagging @l-u-c-i-i-e @windvexer @elminx @echosblanketfort @dragkingandreweldritch @liminalweirdo @brujarojaderio and anyone who feels like doing it
Thanks again for the tag @friend-crow xD
So, 6 pictures, summer so far :
1- the Neron, fiery Mountain God from here (and in a good mood for once.. ;)
2- Pancakes with fresh red fruits, almonds and cream. -> therapeutic activity, lol.
3- an “old” friend.
4- old mantra, but not dead.
5-the dress @perduedansmatete of the day 👌
6- Who else? Everywhere on my Path this last month.
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Tagging @divineprisoner @graveyarddirt @buddyblanc again, @gigi-orosco of course ❤️, @amertumedelamer 💛, @gryphis-eyes even if she doesn’t like that, @epine-dorsale , @perduedansmatete, and finally @la-dame-grise and @imperturbitude 🌟 please please Pleaseeeee :p
Nous y revoici, ambiance été et verdure, cette fois ! Merci @l-u-c-i-i-e pour le tag ; c'est le moment de présenter 6 photos de mon téléphone, récentes :
1. Des volcans presque ivre(s) / Almost drunk volcanoes (but the joke doesn’t really work in english…).
2. Une boîte lors d'une brocante, remplie de pin’s / Treasures…
3. Parce qu'il n'est jamais trop tard… / Happy New year, édition 2023.
4. Sticker tapageur et vraisemblablement de Normandie (même si je n'ai que peu à voir avec la région) / Bright sticker from Normandy.
5. Dans une église des parages / In a church.
6. Dans une rue des parages, cou incliné cette fois, pour l'angle de vue / In the street, during vacations.
Je n'ai pas beaucoup d'inspiration pour taguer d'autres personnes, bouh ; à la seule exception de @interlunes (que je n'oblige même pas à participer !).